PAROLES

Yeah

Quand je chante ma galère, voilà l’air
Quand je chante ma galère, ça fait  » la-la-la-la-lère  »
J’ai l’ADN du feu, la colère d’une bombe
La couleur du pompe, la couleur d’une tombe, la douleur du monde
Tellement ingrat envers la vie que j’vois pas tout c’que j’ai
J’vois tout c’que j’ai pas, et j’dis pas tout c’que j’sais
Parce que j’sais tellement d’choses qu’j’aurais préféré n’pas savoir
Parce que j’ai vu tellement d’choses qu’j’aurais préféré ne pas voir
Parce que mes plus beaux souvenirs sont enfermés dans un coffre
Parce que l’amour et l’bonheur, ça existe que pour les autres
Parce que la vie s’corse, parce que j’suis plus un gosse
Parce que sans cesse j’bosse en m’demandant :  » Est-ce que j’gâche mes forces ?  »
Parce que j’suis proche du précipice comme si j’attendais l’récépissé d’la vie
Comme si j’étais prêt pour être  » Rest in peace « , ouais, rest in peace
J’me sens antillais car tous les chemins mènent à Rome et tous les rhums mènent aux West Indies
J’attends plus l’armistice, j’attends plus la paix, non
J’attends plus la justice, j’attends juste ma paie
On refait pas l’monde avec des  » si  » mais avec du biff
On vient du 9-3, on va ni chez les chtars ni chez les psys
Grandir ici, c’est cérébral
J’connais les darons cains-f’, ça s’trouve, t’as des frères ailleurs et tu l’sais même pas
Enfin, tu fais semblant d’pas savoir
Ça t’fait du mal d’en parler, ouais, ça s’entend dans ta voix

Quand je chante ma galère, voilà l’air
Quand je chante ma galère, ça fait  » la-la-la-la-lère  »
J’viens d’là où les anges gardiens sont paresseux
J’viens d’là où les daronnes sont pas heureuses
Le quartier veut faire de nous des dealeurs et des voleurs
J’te baiserai ta mère sans regret pour sauver mon honneur
Qu’est-ce que j’connais d’l’honneur, t’façon ?

J’ai personne à qui m’confier, à part Pro Tools
Dis-moi avec qui tu marches pour que j’vous ampute tous
On connaît la CAF, les allocs, les soutiens scolaires
Les huissiers, les cafards et les lits superposés
Dis-moi c’que tu vois quand tu m’regardes de près
À neuf ans, j’ai failli crever à Robert-Debré
D’après l’médecin, mon corps était torturé
D’après la mif, c’est rien, juste un sort du bled
Y en a toujours un qui reconnaît pas ses fautes
Y en a toujours un qu’est plus amoureux qu’l’autre
Y en a toujours un qui s’sacrifie pour l’autre

Moi quand je chante ma galère, voilà l’air
Quand je chante ma galère, ça fait  » la-la-la-la-lère  »
J’connais des meufs bien qui sont même plus hlel
J’connais des grosses tchoins qui sont toujours vierges
Fut un temps, on apprenait à s’connaître
Maintenant, j’veux juste te ken, et surtout, j’veux rien te promettre
Toutes les femmes qui m’aiment finissent par m’détester
Tous les gens qui m’hate finissent par m’respecter

Alors je chante ma galère, voilà l’air
Quand je chante ma galère, ça fait  » la-la-la-la-lère  »
J’sais qu’Dieu existe, mais j’sais pas pourquoi
J’sais qu’l’amour existe, mais pas pour moi

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