PAROLES

Yah

Quand les cailleras prient, il pleut au paradis
Quelques rhumatismes, car la rue m’attriste
Chez nous, je… c’est beaucoup trop dur à dire
Mais on regrette jamais rien, Edith Piaf, Lunatic
Quand les cailleras prient, il pleut au paradis
Quelques rhumatismes, car la rue m’attriste
Chez nous, je… c’est beaucoup trop dur à dire
Mais on regrette jamais rien, yah

« Salat janaza » au moins une fois par mois
Au moins zéro fois par mort naturelle, au moins une fois par balle
Mon quartier, c’est la guerre, y’a rien d’neuf à La Courneuve
Ça fait deux ans qu’l’ancien premier d’ma classe est à Fleury pour meurtre
Si j’aurais grandi ailleurs, j’me demande c’que j’aurais été
J’dis « si j’aurais » parce que c’est comme ça qu’on parle dans ma cité
On pense qu’à faire l’argent, l’hiver, l’automne, l’été
On pensera au bonheur une fois qu’nos parents s’ront plus endettés
Mentir ne sert à rien, j’te dis qu’ça va mais regarde-moi, est-c’que j’ai l’air de quelqu’un qui va bien ?
Pourquoi j’suis v’nu sur Terre, quelle est ma mission ?
J’pense à changer ma vision, p’t-être même changer d’religion
Encore un tête-à-tête, au milieu du square, le plus grand magasin d’ma ville ferme à midi du soir
Comme dit Socrate : « Fais confiance à Dieu mais ferme ta portière »
J’rappe des couplets d’Nubi comme s’ils étaient sortis hier
Des sortilèges, jetés par des tantes au bled, on est africains, tu sais on a d’étranges problèmes
Et j’bombe le torse, j’aurai pas d’héritage à part une maison à Douala, que mes oncles voudront m’prendre de force
Faut l’voir pour le croire, j’veux rien voir, j’veux rien croire
On dit souvent « au r’voir » aux gens qu’on pense jamais revoir
Je sais qu’t’as vu qu’j’ai pas pleuré à ton deuil
Mais c’est encore pire que ça parce que j’brûlais d’l’intérieur

Quand les cailleras prient, il pleut au paradis
Quelques rhumatismes, car la rue m’attriste
Chez nous, je… c’est beaucoup trop dur à dire
Mais on regrette jamais rien, Edith Piaf, Lunatic
Quand les cailleras prient, il pleut au paradis
Quelques rhumatismes, car la rue m’attriste
Chez nous, je… c’est beaucoup trop dur à dire
Mais on regrette jamais rien, yah

Le quartier, le rap, juste un entre-deux
On n’est pas des voyous, c’est c’qui nous rend plus dangereux
J’pensais qu’si j’avais d’l’argent, j’voudrai sauver l’monde
Maintenant qu’j’commence à en avoir, j’veux juste me sauver d’ce monde
La nuit on parle moins, pourquoi utiliser tes poings comme une arme quand t’as une arme de poing, regarde bien
Quand tu l’as jamais eu, tu peux pas perdre la raison
J’ai traîné toute ma jeunesse comme si j’avais pas d’maison
Samuel Eto’o dans l’sang, courir comme un noir pour vivre comme un blanc
Putain d’merde, yah, tu peux pas comprendre, nan
Tu peux pas comprendre car j’veux pas qu’tu comprennes et même si tu comprends, garde tous tes conseils
J’parle en palpitant, en balbutian, il m’a fallu des chaines en or pour me rendre compte que j’suis esclave du temps
Ma peine me suit partout, j’aime pas les gens heureux parce qu’ils m’rappellent qu’en c’moment, moi, j’l’suis pas trop
En un éclair, si tu m’demandes c’que j’fais dans la vie, j’te dirais que j’fais tout c’que j’m’étais juré d’jamais faire
Ma couleur fait peur, rarement mal accompagné, souvent l’mauvais accompagnateur
Mais de quoi t’as peur ?

Quand les cailleras prient, il pleut au paradis
Quelques rhumatismes, car la rue m’attriste
Chez nous, je… c’est beaucoup trop dur à dire
Mais on regrette jamais rien, Edith Piaf, Lunatic
Quand les cailleras prient, il pleut au paradis
Quelques rhumatismes, car la rue m’attriste
Chez nous, je… c’est beaucoup trop dur à dire
Mais on regrette jamais rien

Je t’aime

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